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Inondations au Pakistan : Une communauté internationale passive

Publié le par hb

 

« J’ai visité de nombreux endroits dévastés par des catastrophes naturelles dans le monde entier, mais je n’ai jamais rien vu de semblable ». Dixit le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-Moon le 15 août après sa visite  sur quelques lieux sinistrés par les intempéries qui ont touché près d’un tiers du territoire ces derniers jours, les zones touchées étant principalement situé le long de l’Indus et dans le district du Ladakh.

Mais le chiffre éloquent et celui du nombre de sinistrés, plus de 20 millions, la plupart sans abris, et pour 8 millions d’entres eux sans nourriture et tous à la merci des épidémies classiques dans ce genre de catastrophes tel le choléra. L’ONU qui de son côté à évaluer les besoins en aides humanitaire à 460 millions de dollars, n’en a récolté que la moitié aujourd’hui alors que son appel date du 11 août. Le principal reproche adressé à la communauté internationale se situe au niveau de la lenteur de l’acheminement de l’aide, l’UE ainsi que les Etats-Unis ont décidé d’accroître leur contribution.


Une mobilisation quasi inexistante et une couverture médiatique très faible


Même si cette catastrophe arrive à un mauvais moment, celle de la période estivale, Les ONG ainsi que d’autres organismes humanitaires ne sont pas particulièrement inondés de dons. Les populations occidentales ne se sentent pas concernés, mais peut-on vraiment avancé cette hypothèse même si à la charge de celle-ci on peut constater le fossé entre les dons récoltés lors du dernier séisme d’Haïti accru de la mobilisation quasi-instantanée des pays tel que les Etats-Unis ou de l’Europe ?

Alors oui, en France par exemple la population ne s’est que très peu mobilisé face à la situation comme le traduisent les sommes récoltés par les différentes associations caritatives où en 2 jours, à peine 3000 € ont été recueillis pour Médecins sans frontières, 10 000 € pour le Secours populaire ou encore 95 000 € pour la Croix rouge. Même la voix de Fondation de France longtemps relayé par les chaînes télévisées durant le tsunami d’Asie du sud a été très peu entendue avec 300 euros récoltés, toujours dans ce même laps de temps ! «Nous  n’avons reçu que 230 000 euros de dons » comme en témoigne le porte-parole de la Croix rouge française Jean-Pierre Riffaud depuis leur appel aux dons il y a 9 jours, tout en ajoutant : «Pour Haïti, en trois jours nous étions à 2 millions d’euros et au bout de neuf jours 5 millions d’euros. ».

 Cette faible mobilisation semblable dans d’autres pays européens et même nord-américain s’explique aussi par la très faible couverture médiatique qui n’a que très rarement fait la une dans les journaux télévisés si l’on compare l’évènement au tremblement de terre haïtien, d’autant plus que la mousson pakistanaise est beaucoup plus grave quand on sait que les 1500 morts dénombrés ne sont qu’un bilan très provisoire, un désastre d’une tout autre ampleur faisant même des dégâts dans des pays voisins comme l’Inde. Cette faible mobilisation médiatique peut s’expliquer aussi par une actualité très chargée, où en France, l’actualité se focalise surtout sur la politique intérieur notamment sur les expulsions de roms.


Une faible implication qui pourrait porter préjudice


Ce choix ou cette situation peut être préjudiciable car si on fait un rapprochement avec la guerre en Afghanistan qui concerne en revanche la plupart des pays occidentaux, le Pakistan et le premier allié et voisin du pays en guerre contre les talibans. Beaucoup de personnes se méfient aussi du Pakistan car il est considéré par ces derniers comme un véritable vivier de terroristes en puissance où l’on soupçonne même l’Etat pakistanais de tremper dans cette situation qui est en réalité beaucoup plus complexe que certains veulent le prétendre. N’oublions pas que si certains pensent que ce pays est indirectement responsable d’actes terroristes perpétrés dans le reste du monde (Al Qaïda particulièrement), ce même pays est le premier à en être victime et force est de le constater en voyant la recrudescence d’attentats islamistes qui ont touchés les grandes villes pakistanaise ces dix derniers mois.

D’autres avancent le fait qu’il est primordial d’aider la population pakistanaise dans leur détresse car d’autres associations locale qui serait financées par les islamistes du pays pourrait exploiter cette situation, à des fins politiques. Cela pourrait s’avérer plausible, mais devant une telle urgence la question ne pourra être que mieux éclaircie si les pays participants à la guerre en Afghanistan s’impliqueront davantage dans cette crise humanitaire sur le terrain.

Les Etats-Unis ont finit par le comprendre en dépêchant ce vendredi un de leur représentant, le sénateur John Kerry venu en qualité de président de la commission des affaires étrangères du sénat qui souligne l’importance d’ « agir rapidement pour éviter que l'impatience des Pakistanais n'explose et que certains n'exploitent cette impatience » en faisant clairement référence aux talibans pakistanais. Ce sentiment de laissé-pour-compte se renforce plus encore parmi la population lorsque l’on sait que le gouvernement pakistanais lui-même déjà faible et impuissant face à ce drame commet des maladresses qui exaspèrent les pakistanais à l’image du président Zardari qui choisit de se déplacer en Europe à la rencontre des chefs de l’Etat alors que les intempéries ont commencé trois semaines auparavant.

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John Kerry au centre face au président pakistanais Ali Zardari à gauche

 

La communauté internationale à travers l’UE et les Etats-Unis doivent à présent faire face à un enjeu qui est double, venir en aide aux millions de personnes sinistrées et crédibiliser leur soutien à ce pays, leur fidèle allié dans la guerre afghane faute de quoi, leur partenariat en faveur de la lutte contre le terrorisme risque d’en prendre un coup, si ce n’est pas déjà fait, en tout cas dans la conscience des sinistrés.

 

HB           

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