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Egypte : Un printemps des peuples arabes ?

Publié le par hb

Le parfum du jasmin se répand

 

 Sixième jours de troubles dans ce pays qui compte environ 85 million d’habitants. Les grandes villes égyptiennes sont touchées tout comme le Caire s’affichant comme le symbole de la contestation.Les évènements tunisiens  ont fait des émules dans les pays arabes et cela bien avant la chute de  Zine el-Abidine Ben Ali, à en constater les manifestations en Algérie qui ont suivi peu de temps après celles de Tunisie. Le Yémen, la Jordanie ou encore la Syrie connaissent la même situation mais c’est plus particulièrement le régime égyptien qui se trouve dans l’œil du cyclone du mécontentement populaire ces derniers temps.

 

 

  La riposte de Moubarak

 

Après un long silence du président Hosni Moubarak, celui-ci le rompt par des mesures qui ne contentent pas la majorité des manifestants. Il répond par l’annonce de la dissolution du gouvernement en écartant le premier ministre Ahmed Nazif mais surtout à se résigner à nommer un vice-président pour la première fois en trente années de pouvoir, Omar Suleyman initialement chef des renseignements considéré comme à la fois proche de l’armée et du raïs mais aussi des Etats-Unis. Cette tentative de raccommodage répond ainsi à la forte réticence des égyptiens à vouloir nommer son fils Gamal pour la succession. 

À l’heure d’un mouvement populaire de grande ampleur, la répression policière donne le ton n’hésitant pas à faire des morts comme l’indique le bilan dont fait état les services médicaux, 33 personnes ont été tués hier, élevant le total à plus de 110 morts depuis le débuts des troubles ainsi que plus de 2000 blessés. L’Etat égyptien quant à lui n’a pas établi de bilan officiel qui n’approuve pas pour le moins les chiffres officieux des hôpitaux du pays. Au delà du mécontentement général et  malgré le léger infléchissement du régime, plusieurs questions viennent à l’esprit des observateurs. Quel avenir pour l’Egypte ? Le pays connaîtra –t-il le même sort que la Tunisie et quelles incidences auront ces événement face au voisin israélien ?

 

L’appareil de la censure en marche

 

En six jours de manifestations, il est très difficile de prévoir si ces mouvements populaires qui rassemblent tous les âges et toutes les classes sociales,  finiront comme la révolution tunisienne (quoiqu’il soit encore tôt pour utiliser le terme), d’autant plus que les deux Etats diffère dans plusieurs aspects. Une chose semble sure en ce qui concerne l’attitude du président égyptien, celui d’un dictateur ayant tirés les leçons du scénario tunisien. Première leçon, La population tunisienne s’est énormément mobilisée et à une vitesse incroyable en grande partie grâce aux réseaux sociaux sur internet comme Twitter ou Facebook, mais aussi à la téléphonie mobile. Le dictateur a donc inauguré une méthode jamais vue encore, celle de couper tout un pays en moyen de communication. Fini internet et les envois de sms. Il est toutefois judicieux de noter que seulement 20% des foyers égyptiens sont équipés d’un accès fixe, mais le geste reste osé et risqué puisqu’il pourrait contribué à accentuer la colère du peuple même sans fournisseur d’accès pour la majorité. En revanche beaucoup suivent les informations par satellite, le seul moyen de voir l’Egypte tel qu’elle transparaît de l’œil étranger. Al Jazira est la chaine arabe qui permet un tel soulagement face à l’étreinte de la censure et on a pu le mesurer dans le cas tunisien. Qu’à cela ne tienne, Moubarak dans l’état de grâce de sa censure supprime la chaine de son territoire en retirant les accréditations des journalistes sur place et mieux encore, coupant le signal de la chaine émis par Nilsat.

 

http://cache.20minutes.fr/img/photos/20mn/2011-01/2011-01-29/article_egypte-vendredi.jpg 

 

L’armée, la clé ?

 

Dans la chute du régime de Ben Ali, l’armée a joué un rôle très important pour ne pas dire crucial. Qu’en sera –t-il de l’Egypte ? Les généraux ont affiché leur soutien au peuple en faisant la promesse de ne pas leur faire de mal. Peut-on considérer cette position comme un retournement de situation en défaveur du dirigeant d’Egypte, lui-même issu de l’armée ? Beaucoup de spécialistes le pensent, d’autres vont plus loin en prévoyant la fin imminente du régime et la chute du président, cependant plusieurs problèmes se poseront en cas de déchéance du raïs. Celui de la transition démocratique si il aura lieu où l’ombre de la formation des Frères musulmans plane, ce dont Israël n’hésitera pas à en  souffler la menace comme des braises incandescentes et elle n’a de cesse de le répéter déjà à travers son premier ministre Benjamin Netanyahu : « il est aussi vrai que dans une situation de chaos, un mouvement islamiste organisé peut prendre le contrôle de l'Etat. C'est arrivé en Iran et ailleurs. »

http://static.lexpress.fr/medias/1269/650005_egypte-armee-manifestation.jpg

 

La position occidentale

 

Les Etats-Unis pris entre deux feux s’avance à pas feutrés dans cette crise comme en témoigne la récente déclaration de la secrétaire d’Etat américaine vendredi dernier Hilary Clinton : « La société égyptienne est habitée de profondes doléances et le gouvernement doit comprendre que la violence ne les fera pas disparaître. ». Moubarak est un allié stable dans la paix au Proche-Orient et les pays occidentaux n’auront sans doute pas le cran de le lâcher sous peine de devoir revoir sérieusement leur stratégie politique dans cette région si le mouvement islamiste accède au pouvoir. Dans l’idéal, ils voudront voir la situation s’apaiser, la transition démocratique se faire en douceur et mieux  encore, avoir comme nouveau dirigeant égyptien Mohamed el Baradei. Une réalité tout autre pour le moment puisque le pays est encore dans une zone de turbulence, le chef de l’Etat ne semble rien céder de significatif, et mis à part le mouvement des Frères musulmans, il n’existe pas d’autres opposants doté d’une telle influence. Ce n’est pas l'ancien directeur général de l'AIEA (agence international de l'énergie atomique), inconnu de la majorité de ses compatriotes qui pourra peser sur l’opinion, lui qui s’est allié avec le mouvement islamiste pour hâter le départ de Moubarak et dont le principal reproche qu’on lui attribue et de s’être rallié tardivement aux contestataires, résidant plus souvent à l’étranger qu’en Egypte de surcroît.   

 

HB

 

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