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Proche-Orient: M.Netanyahou claque la porte à une paix dans la région

Publié le par hb

Dans le dernier acte d’une visite officielle, le premier ministre israélien continue d’affirmer son refus de reconnaître les lignes de 1967 ainsi que la reconnaissance du Hamas comme interlocuteur, devant le congrès américain

 

 

Ce week-end aurait dû ouvrir la voie à des négociations entre Palestiniens et Israéliens sous l’égide des Etats-Unis. On a assisté en lieu et place de cela à un scénario bel et bien attendu, c’est à dire une réaffirmation des positions de Tel-Aviv, dans la continuité de la condamnation de l’accord conclu entre le Fatah et le Hamas ce 4 mai dernier, assorti d’une position américaine faussement volontariste. L’espoir aura été entretenu quelques heures seulement suite au discours du président américain Barack Obama vendredi dernier dans lequel il évoque « une négociation de paix sur la base des frontières de 1967 ». Autant dire que c’est la position la plus audacieuse que Washington ait prise depuis cette date, d’où la déception à la hauteur des attentes. Et pour cause, cette déclaration est considérée par beaucoup d’observateurs comme étant davantage une posture qu’une volonté de faire bouger la position israélienne. Pire, elle a permit au chef du gouvernement israélien d’en sortir plus fort par sa réaction instantanée au moment de s’entretenir avec le chef de l’Etat américain où M. Netanyahou s’offre le privilège devant les caméras et la presse de lui donner des leçons d’histoire de la démographie de la région, le tout devant un président à l’écoute mais semblant encaisser le coup intérieurement. Il argumente par une histoire sélective son inflexibilité envers ces frontières qu’il juge « indéfendables ». De ce fait peut on réellement parler d’une posture ou d’une attitude visant à prendre la mesure de sa marge de manœuvre ? 

 

Ménager la chèvre et le chou à l'américaine

 

Les positions du gouvernement israélien vis à vis de la situation dans la région n’ont pas changé et n’avait pas l’intention d’être bousculées ce week-end. Alors comment interpréter cette visite d’Etat dont le programme commençait par une visite à la maison blanche suivi d’un discours du président américain devant l’AIPAC, le principal lobby pro-israélien aux Etats-Unis, puis d’un autre discours du premier ministre israélien, cette fois-ci devant le congrès américain, à forte coloration républicaine et acquis à ses griefs ? Washington n’avait aucune intention de chiffonner les mouvements de révoltes  qui continuent de se jouer dans les pays arabes pour la plupart et il fallait à la fois une position assez encourageante pour être saluée par Mahmoud Abbas mais aussi une opposition plein de tact, c’est à dire la moins brutale possible face au premier ministre israélien et encore plus adoucie face à l’AIPAC pour limiter la casse. Le numéro d’équilibriste de Barack Obama viserait donc à tendre assez près la carotte aux Palestiniens pour les dissuader de se présenter à l’ONU en septembre pour le vote de la reconnaissance d’un Etat tout en restant le plus proche possible des intérêts de Tel-Aviv et plus précisément de l’AIPAC qui pourrait peser lourd dans une échéance électorale comme celle des élections présidentielles dans le pays de l’oncle Sam. Autrement dit, il s’agit pour le président américain de se faire réélire en 2012 sans se mettre à dos les pays arabes. Le temps rendra son jeu de plus en plus compliqué car la position est déjà intenable malgré la bonne volonté du président de l'autorité palestinienne qui faute de soutien de la part des Américains avance ses pions en jouant l’unité avec le Hamas pour rendre le statut quo, maintenu par Israël, caduque. Une façon de légitimer sa requête devant l’ONU et de ne pas permettre de fournir une excuse de plus au gouvernement Netanyahou, pour ne pas rouvrir le processus de paix qui de toutes les façons en a déjà trouvé une autre, à savoir le fait que le Fatah d’Abbas a signé un accord avec une mouvance radicale islamiste qui prône dès sa naissance, la destruction de l’Etat hébreu.

 

Barack Obama dos au mur

 

L’échéance de septembre si il a lieu sera le dernier rebondissement d’une situation simple dans le fond mais rendue compliquée par l’interlocuteur israélien sourd et aveugle aux revendications de ses voisins : la reconnaissance d’un Etat palestinien par la communauté internationale qui rendrait dès lors le processus de colonisation en Cisjordanie encore plus condamnable car il s’agira d’une relation de pays occupant à pays occupé. Côté américain, le vote des nations devant l’ONU serait désastreux car un veto à cette demande sera considéré comme un sabotage de la requête palestinienne et du grain à moudre aux mouvements terroristes islamistes comme Al-Qaïda, et cela malgré la disparition de leur chef emblématique. Toute autre attitude dans le vote, que ce soit pour, contre où même une abstention de la part des États-Unis face à la reconnaissance d’un Etat sera perçue comme une trahison pour les Israéliens qui le feront payer au président américain lors des prochaines élections présidentielles via les lobbies satellites de la vie politique outre atlantique. Devant le refus catégorique de reconnaître un Etat palestinien sur les frontières de 1967, le président Obama devra montrer davantage de courage pour faire bouger les lignes de plus en plus indéfendables de la politique israélienne. 

 

HB

 

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