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Côte d'Ivoire: Le Boulanger au frais !

Publié le par hb

« A trop vouloir gagner, on finit par tout perdre ». Voici comment un journaliste de la télévision ivoirienne vraisemblablement acquis à la cause d’Alassane Ouattara débute son journal en annonçant la capture de Laurent Gbagbo, de sa femme Simone et de quelques proches ce lundi 12 avril dans l’après midi. Cette arrestation précipite  donc l’issue de cette élection présidentielle dont la victoire a été revendiqué par les deux camps, l’un soutenu par la communauté international avec son candidat Alassane Ouattara et l’autre par le conseil constitutionnel ivoirien. Cette crise aura duré plus de cinq mois avec la situation d’un pays à deux gouvernements et deux président que l’on a connu, chose assez inédite. 

Gbagbo mange son pain noir

Les images ont longtemps passé en boucle, beaucoup de journaux du monde entier en ont fait leur une, celle d’un président déchu, l’air groggy et dépassé par les évènements se laissant guider par les hommes armés menant cette opération militaire. L’ancien président de la Côte d’Ivoire surnommé par ses opposants « le Boulanger d’Abidjan » plus en raison de son art à les rouler dans la farine plutôt qu’à ses talents intrinsèques de pâtissier à été escorté jusque l’hôtel du Golfe où on a pu le voir à la télévision vêtir une chemise par dessus un marcel. A croire que les partisans du camp adverse se devaient de marteler sa réputation avec une panoplie stéréotypée d’artisan boulanger.

Le président Ouattara après cette nouvelle s’est empressé de tenir un nouveau discours dans la soirée  qui a suivi l’arrestation pour clarifier les zones d’ombres qui entachent ce revirement politique, à savoir le rôle de ses partisans miliciens dans les massacres à l’ouest du pays notamment dans la ville Duékoué où des charniers de centaines de cadavres ont été découverts,  auxquels on ajoute la responsabilité des forces françaises en Côte d’Ivoire décriée par les partisans de Laurent Gbagbo qui n’hésite pas à parler de « coup d’Etat » mené par l’Etat Français.

Le rôle de la France

Par la résolution 1975 de l’ONU adopté le 30 mars, la communauté internationale a finalement décidé de s’impliquer davantage en restreignant le champ d’action des miliciens pro-Gbagbo pour détruire leurs armes lourdes au cas où ils en feraient usage. Les forces française prennent donc le relais de l’ONUCI aux abois et victime collatérale de cette guerre civile, larvée pour certains, réelle pour d’autres mais le pire est ailleurs. Et pour cause l’exode de milliers de civiles à l’ouest du pays vers le Liberia voisin aurait dû nous alerter davantage sur la situation. L’histoire africaine de ces dernières années nous a montré que bien souvent derrière un exode se cache un génocide. Cela s’est donc vérifié trop tard à la découverte des charniers de Duékoué dont les massacres auraient été perpétrés le 30 et 31 mars.

Ces atrocités ont elle été commise sous l’aval du nouveau président où bien était il dépassé par les événement à l’intérieur du pays ? Quel est le rôle de son Premier ministre Guillaume Soro ? La nécessité d’une enquête extérieure paraît évidente et ce ne sera pas sous l’impulsion du nouveau Président comme il l’a indiqué dans son discours que le pays connaîtra le calme à moyen terme pour la simple raison qu’il a peut-être été le commanditaire de ces actes. Le rôle de la France dans l’arrestation du 12 avril est aussi à définir clairement. Le démenti du quai d’Orsay par la voix d’Alain Juppé dans lequel il s’est défendu d’être le gendarme de l’Afrique ne convainc pas tout le monde. Le ministre des affaires étrangère à sans doute raison, mais il ne peut aucunement fuir devant la responsabilité évidente de la France qui s’est faite pour le coup le gendarme  de la Côte d’Ivoire de manière incontestable. L’ONU ainsi que la France ont pris position en faveur d’un homme, l’ont reconnus à la présidence de la Côte d’Ivoire et de manière tordue ont par une résolution internationale forcée la décision en sa faveur sans qu’aucune solutions politiques ou diplomatiques n’aie été étayé.

L’enchaînement de ces événements ne fera aujourd’hui qu’alimenter ceux qui pensent que la Françafrique repart de plus belle. L’appui de la force Licorne à Ouattara lui sera reproché mais pour le moment une autre tâche prioritaire lui incombe, le processus de réconciliation qui sera sans doute long à effectuer et incertains car la Côte d’Ivoire n’en est pas à son dernier trouble.     

 

HB

 

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